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Simon Bellucci

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Démarchage interdit au 11 août 2026 : ce que ça change vraiment quand votre PME vit du téléphone

Démarchage interdit au 11 août 2026 : la loi ne menace pas votre prospection, elle rend chaque appel entrant raté irrécupérable. Ce que ça change vraiment.

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Vous croyez que cette loi vise les démarcheurs, mais c'est votre PME, qui vit des appels qu'elle reçoit, qu'elle touche le plus durement.

On en parle comme d'une mauvaise nouvelle pour les centres d'appels. À partir du 11 août 2026, une entreprise ne pourra plus démarcher un particulier par téléphone sans son accord préalable. Fin du démarchage à froid, fin de Bloctel, charge de la preuve renversée. Si vous dirigez une PME qui prend des appels au lieu d'en passer, vous vous dites sans doute que tout ça ne vous concerne pas.

Ça vous concerne, et plus que les autres. Simplement de l'autre côté du combiné.

Cette loi ne touche pas votre prospection. Elle supprime votre filet de sécurité. Voilà pourquoi, et ce que ça change concrètement pour vous.

Ce que dit la loi, sans interprétation

La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, en son article 13, fait basculer le démarchage téléphonique des particuliers d'un régime à l'autre. Jusqu'au 10 août 2026, une entreprise peut appeler un consommateur tant qu'il ne s'y est pas opposé, notamment en s'inscrivant sur la liste Bloctel. À partir du 11 août 2026, le principe s'inverse : appeler un particulier à des fins commerciales devient interdit par défaut, sauf s'il a donné au préalable un consentement explicite. Bloctel disparaît à cette date (source : economie.gouv.fr, Légifrance).

Trois points à retenir, parce qu'ils dessinent le périmètre exact :

D'abord, c'est désormais à l'entreprise de prouver qu'elle a recueilli le consentement. Un consentement valable doit être libre, spécifique, éclairé et univoque : une case pré-cochée ou une mention noyée dans les conditions générales ne suffit pas.

Ensuite, le démarchage entre professionnels reste autorisé. La loi vise la prospection vers les particuliers, pas le B2B. Une entreprise peut continuer à appeler une autre entreprise sur sa ligne professionnelle pour une offre liée à son activité, à condition de s'identifier dès le début de l'appel et d'arrêter immédiatement si le prospect le demande (source : economie.gouv.fr).

Enfin, deux secteurs n'ont pas attendu 2026. Depuis l'été 2025, le démarchage en rénovation énergétique et en adaptation du logement au vieillissement ou au handicap est totalement interdit, par téléphone comme par voie électronique. Ces secteurs concentraient l'essentiel des arnaques signalées, d'où leur traitement immédiat.

Voilà pour le droit. Le reste de cet article parle de ce que personne ne vous dit : ce que ça fait quand vous êtes celui qui reçoit les appels.

Bonne nouvelle : votre prospection n'est pas visée

Si vous tenez une menuiserie, un dépôt de location de matériel ou une entreprise de dépannage, vous ne démarchez pas les particuliers au téléphone toute la journée. Ce n'est pas votre métier. Vos clients viennent à vous : le particulier qui cherche un poseur pour ses fenêtres, le chef de chantier qui veut savoir si vous avez une nacelle disponible pour demain matin.

Votre croissance n'a jamais reposé sur l'appel sortant. Elle repose sur l'appel entrant. Donc la grande peur que décrivent tous les articles sur cette loi, "je n'ai plus le droit de prospecter", glisse sur vous sans vous toucher. De ce côté-là, vous pouvez dormir tranquille.

Le problème est ailleurs, et il est plus sérieux.

Le vrai changement : un appel entrant raté devient irrécupérable

Jusqu'ici, vous viviez avec une histoire confortable. Un client appelle, vous ratez l'appel, vous le rappelez. Le numéro s'affiche, vous voyez l'appel manqué le soir, vous tentez votre chance le lendemain. Le filet existait.

Ce filet vient de disparaître, et la façon dont il disparaît dépend de qui sont vos clients.

Si vos clients sont des particuliers, le prospect qui vous a appelé sans vous joindre est quelqu'un que vous n'avez aucun consentement documenté à rappeler à des fins commerciales. Le fait qu'il ait composé votre numéro une fois ne vaut pas un opt-in au sens de la loi. Le détail se vérifie avec votre conseil, nous ne sommes pas juristes, mais le principe est clair : le rappel à froid que vous vous autorisiez hier vous expose désormais. Et de toute manière, pendant que vous hésitez, il a déjà appelé le suivant sur sa liste.

Si vos clients sont des professionnels, la loi vous laisse le droit de rappeler, parce que le B2B n'est pas concerné. Mais le droit ne sert à rien quand l'affaire est déjà faite. Le chef de chantier qui voulait sa nacelle ce matin l'a réservée chez Loxam à 8h05. Votre rappel à 11h tombe sur une décision prise depuis trois heures.

Dans les deux cas, le résultat est identique : l'appel raté n'est plus un manque à gagner qu'on rattrape, c'est une affaire perdue. Légalement perdue pour les uns, commercialement perdue pour les autres. Le rattrapage, cette marge de sécurité sur laquelle tout le monde comptait sans le dire, n'existe plus.

Pour la rénovation, ce n'est plus un risque : c'est le modèle qui casse

Pour les entreprises touchées par l'interdiction sectorielle, le constat est encore plus net. Une menuiserie qui pose des fenêtres en rénovation énergétique ne peut plus aller chercher le particulier du tout. Plus d'appel sortant, plus de SMS, plus rien. Cette porte est fermée depuis 2025.

Il leur reste une seule façon légale de gagner un client : être l'entreprise qui décroche quand ce client appelle. L'appel entrant n'est plus un canal d'acquisition parmi d'autres. C'est le seul. Le rater, ce n'est pas perdre une affaire sur dix, c'est rater le seul moment où la loi vous autorise encore à exister commercialement face à ce client.

Quand l'inbound devient votre unique source de business, chaque sonnerie sans réponse n'est plus un détail d'organisation. C'est un trou dans le modèle.

La question n'est plus "est-ce que je rappelle", c'est "est-ce que je décroche"

Pendant des années, la bonne pratique tenait dans un mot : la réactivité. Rappeler vite, rappeler avant le concurrent. Cette loi déplace la barre. La réactivité ne sert plus à rien si le rappel est interdit ou trop tardif. Ce qui compte désormais, c'est la captation : ne pas rater l'appel au moment où il arrive.

Et les moments où vous ratez le plus sont précisément ceux qui comptent le plus. Le matin entre 7h et 8h30, quand trois personnes appellent en même temps et que vous avez une ligne. Le soir après la fermeture, le samedi, quand les clients appellent en quittant leur propre chantier et tombent sur le répondeur. C'est là que partent les affaires, et c'est là que votre standard est le plus fragile.

La vraie exigence, maintenant, c'est de répondre à 100 % des appels entrants, tout le temps, y compris quand toute l'équipe est sur le terrain. Pas de répondre vite. De répondre, point.

Le coût d'un appel manqué vient de passer à son maximum

Cette loi n'a pas fait de bruit chez les artisans, les poseurs et les loueurs, parce qu'elle vise les démarcheurs. En coulisses, elle a pourtant fait quelque chose de brutal : elle a porté le coût d'un appel manqué à son niveau maximum, l'irréversible. Hier, un appel raté était une affaire qu'on pouvait encore récupérer. Aujourd'hui, c'est une affaire perdue, sans rattrapage légal pour les uns, sans rattrapage commercial pour les autres.

Avant de vous demander quelle solution mettre en place, posez-vous la seule question qui compte : combien d'appels vous échappent réellement aujourd'hui, et à quels moments. Tant que vous n'avez pas ce chiffre, vous décidez à l'aveugle.

C'est exactement le point de départ de l'audit gratuit qu'on propose chez Ostra. On reprend vos relevés avec vous, on chiffre ce qui part au répondeur ou sur l'occupé, et on regarde ce qu'un accueil disponible en continu récupérerait sur vos appels réels. Votre chiffre, pas une moyenne marché. Et si vous voulez commencer à le mesurer vous-même, on vous montre la méthode dans notre article sur la façon de vérifier combien d'appels vous ratez vraiment.